
Accueillir la biodiversité chez soi
Un jardin au naturel, responsable, vivant…
Pourquoi et comment ?
Jardin vivant, jardin sauvage, jardin bio, jardin champêtre, jardin autrement, jardin responsable… Le jardin n’est plus le bout de terrain adossé à la maison et parfois malmené. Avec ses équilibres fragiles, il nous redonne de la force après quelques heures passées en sa compagnie. Il n’est vraiment pas avare de bonnes surprises pour peu qu’on soit bienveillant à son égard.
Laissons dans notre jardin, un coin de végétation sans intervention humaine ou si peu. Cette place abandonnée des activités humaines deviendra un lieu idéal pour toute une flore et une petite faune sauvages : papillons, criquets, sauterelles, lézards, crapauds peut-être même des hérissons et bien sûr oiseaux. Ce petit coin assurera à ces visiteurs le gîte et le couvert.
Un coin de jardin ou de gazon peut être ensemencé de graines de prairie fleurie que l’on trouve dans le commerce ou encore de graines de plantes sauvages récoltées aux alentours. La terre est travaillée sans retournement à la grelinette (ou une de ses cousines). Les graines sont semées à la volée et le plus souvent en automne (de nombreuses graines ont besoin d’une période de froid pour germer). On peut aussi profiter des endroits pelés, des emplacements labourés par les taupinières, pour y planter des fleurs sauvages qui coloniseront petit à petit toute la surface libre. Et pourquoi pas laisser le gazon ainsi, ni tondu ni enrichi de graines ! Peu à peu, il redeviendra herbe.
Si ce paradis pour insectes et autres bestioles est assez grand, un coup de tondeuse au début du printemps puis de temps en temps en été aux mêmes endroits, tracera des chemins buissonniers, lieux de promenade parmi la jachère fleurie. Pour éviter la friche impénétrable et envahissante, le fauchage (et non pas la tonte qui broie les plantes) tous les deux ou trois ans est suffisant. Si vraiment la tentation est trop grande alors faites un fauchage par an, mais pas avant septembre afin de laisser le temps à la flore et à la faune de réaliser un cycle entier de vie.
Ne rien faire (ou presque), laisser pousser les herbes folles, pour protéger la nature et faire de belles observations.
Le temps gagné à ne pas tondre sa pelouse (évidemment on peut toujours se réserver un espace tondu pour les plaisirs de la chaise longue et des repas conviviaux en extérieur) peut être passé à observer la vie dans ces zones précieuses de refuge. Terminé le gazon brulé par la sécheresse, finis les arrosages. Quel plaisir de redécouvrir la vie qui s’installe dans son jardin !


Et les pissenlits alors ?
Et bien, c’est une très bonne mauvaise herbe. Le pissenlit est en effet un précieux auxiliaire pour les insectes qui hivernent (abeilles, papillons, bourdons…). Loin d’être ou de faire sale au milieu des pelouses, il permet au contraire aux insectes de prendre de l’énergie avant de polliniser les plants de fruits et légumes de nos jardins.
Voici un exemple avec le papillon citron. Alors que beaucoup d’espèces de papillons passent l’hiver à l’état de chrysalide, le citron adulte attend le printemps pour se reproduire. Il hiverne grâce aux réserves de l’été et résiste au froid et au gel en produisant un “sérum antigel” contenant alcool, albumine et sels minéraux. Dès les premiers rayons de soleil, il sort de sa torpeur et se précipite sur les fleurs de pissenlit notamment. Alors, si vous aimez les insectes et votre jardin, il suffit de laisser quelques pissenlits au milieu de votre pelouse pour aider tout ce petit monde à vivre.


