
Cohabitation avec la faune sauvage
Infos diverses
(conseils, cas des travaux, poulailler, pièges mortels pour la faune…)
Conseils génériques d’Oiseaux-Nature
L’urbanisation, l’augmentation de la densité humaine, les activités humaines exercent une pression de plus en plus forte sur la nature et parfois génèrent des conflits avec les espèces animales sauvages jusqu’à provoquer le déclin de certaines espèces. Et pourtant celles-ci jouent un rôle important dans la chaine alimentaire et la dynamique de la biodiversité et nous rendent des services indispensables. Ainsi, il nous faut revoir nos comportements et nos idées quant à notre rapport avec la faune sauvage et la nature en général.
Oiseaux-Nature lutte depuis des années afin que l’image de la fouine, du renard et autres prédateurs soit réhabilitée. Ils ont toute leur place dans la préservation de la biodiversité.
Détruire un animal parce qu’il a causé des problèmes est une fausse bonne solution car immanquablement les faits se reproduiront soit causés par la même espèce, soit par une autre, le chat domestique ou le chien étant souvent concernés.
Depuis de longues années, les naturalistes d’Oiseaux-Nature ont résolu nombre de problèmes, et dans la durée, en utilisant, au cas par cas, les solutions adéquates. Voir nos solutions espèce par espèce.

Où trouver des conseils en fonction des espèces ?
Dans nos infos en plus sur une espèce, nous donnons des conseils pour une cohabitation possible et réussie.

Puis-je vous faire un retour d’expérience ?
Bien sûr. Les témoignages de personnes possédant des installations protégées efficacement des prédateurs nous intéressent beaucoup. N’hésitez-pas à nous en faire part. Cela contribuera à faire évoluer les mentalités en prouvant qu’on peut se protéger sans détruire la vie.
Concilier travaux et biodiversité
La protection de la biodiversité n’empêche pas de faire de gros travaux (construction, rénovation, travaux dans le jardin…). Il faut simplement penser aux habitants potentiels qui cohabitent avec nous (oiseaux, chauves-souris…) et anticiper. Il y a des règles à respecter dont certaines sont définies par la loi.
Hors, parfois, lors des ravalements de façade, des nettoyages des bâtiments ou tout simplement par crainte des salissures, des nids, des abris en tout genre, des jeunes eux-mêmes sont détruits alors que selon l’espèce, cela peut être interdit par la loi (c’est le cas pour les hirondelles) et que, dans tous les cas, des solutions existent pour concilier travaux et protection de la biodiversité.

Qui dois-je contacter avant de faire des travaux ?
Pour tous travaux qui risquerait de détruire des nids, une demande d’autorisation de destruction doit être faite auprès de la DREAL à cette adresse mail :
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Protection du poulailler
Les volailles attirent de nombreux prédateurs (chiens, chats, rats, renards, fouines, oiseaux…). Les poulaillers ou clapiers doivent être fermés, les parcs d’élevage engrillagés. Contre les oiseaux, grillager également le dessus. Le grillage doit être solide et sa maille ne doit pas dépasser 3 à 4 cm. La clôture doit être installée du côté extérieur par rapport aux piquets de soutien afin qu’il soit plus difficile de pénétrer à l’intérieur du poulailler en grimpant sur ces piquets. Plier la partie supérieure du grillage vers l’extérieur en formant un angle d’environ 30°. Autour du poulailler, en bas, un retour de grillage sur 50 cm à 1 m vers l’extérieur et légèrement recouvert de terre empêche le renard de creuser un tunnel d’accès. Juste contre la clôture, on peut aussi placer une rangée de dalles de 40 cm de largeur, les renards sont futés, mais ils n’ont pas le réflexe de commencer à creuser un peu avant ces dalles.
Il est possible de compléter ce dispositif mécanique par un dispositif électrique. À 1,50 m de hauteur ou plus, un ou deux fils électrifiés écartés de 10 cm de la clôture sont d’une efficacité totale (sauf contre les oiseaux évidemment).
Et prendre d’autres petites précautions comme :
- Éviter tout arbre ou branche à proximité du grillage ou le surplombant.
- Fermer les accès avec du grillage fixé solidement.
- Un manchon de sortie (entonnoir) ou une trappe à sens unique permettront de n’enfermer aucun animal à l’intérieur.
- Fermer l’abri nocturne tous les soirs avant la nuit (il existe des dispositifs automatiques).
- Ne pas laisser la possibilité au prédateur de s’approcher trop près des proies : ça le rend fou.
- Placer le dortoir et la mangeoire de votre volaille à 30 cm de hauteur afin de diminuer les possibilités d’accès aux petits rongeurs, ceux-ci pouvant attirer les prédateurs.

Spécifiquement pour les renards, cette autre méthode a également fait ses preuves. Il suffit de mettre un vieux poste de radio branché sur une station qui diffuse de la musique de la tombée du jour jusqu’au matin. La musique empêche tout renard d’approcher, même diffusée sur une tonalité très basse. Nos amis goupils sont bien trop méfiants pour s’aventurer alors dans les parages.
Éviter les pièges mortels
Vitres et baies vitrées
Vitres et baies vitrées reflètent l’environnement extérieur, les oiseaux ne les distinguent pas toujours et se heurtent à celles-ci, souvent de façon mortelle.
Comment éviter ce danger ?
- Choisir des matériaux moins réfléchissants.
- Mettre des stores ou des rideaux.
- Trouver une marque contrastée qui peut être mis sur la vitre.
- Coller sur la vitre des silhouettes anticollisions électrostatiques (en vente sur notre stand ou sur Internet).

Conduits de cheminées
Lisses et étroits, les conduits de cheminée sont de véritables pièges dans lesquels les oiseaux se retrouvent parfois prisonniers.
Comment éviter ce danger ?
- Fixer un chapeau sur la cheminée et placer un grillage de façon verticale tout autour avec des mailles de 20 à 25 cm (voir schéma).

Filets des boules de graisse
Les filets des boules de graisse peuvent se transformer en pièges parfois mortels. Les oiseaux se prennent régulièrement les pattes dedans ce qui occasionnent blessures graves et lente agonie dans le pire des cas où l’oiseau n’arrive pas à se libérer. D’autre part, ces filets une fois vides sont emportés par le vent et constitue une source la pollution plastique supplémentaire.
Comment éviter ce danger ?
- Retirer les filets ou acheter des boules vendus sans filet et les mettre dans des supports adaptés.

Attention à nos amis les chats
L’activité des chats a un impact certain sur les populations d’oiseaux, mais hors de question de haïr, pourchasser et persécuter les chats pour ça. Des solutions existent et on peut encore en trouver. Il suffit de réfléchir et de s’impliquer pour que tout le monde cohabite.
Comment éviter ce danger ?
- Mettre un collier à grelot au chat.
- Bien nourrir son chat qui sera alors moins tenté d’aller chercher sa nourriture parmi les oiseaux.
- Faire stériliser son chat afin faire baisser son instinct de chasse et d’éviter une prolifération féline.
- Garder son chat à la maison le temps que les jeunes oiseaux sachent suffisamment voler. Les parents des oisillons en période de nourrissage et les jeunes oiseaux sortant du nid sont d’autant plus vulnérables à cette période.
- Les oiseaux sont plus vulnérables le matin de bonne heure. Ne pas laisser sortir son chat trop tôt.
- Ne pas placer les nichoirs et les mangeoires à portée de chat.
- Installer des stop minous. Dans tous les cas, que vous l’achetiez ou le réalisiez vous-même, un stop minou doit être impérativement inoffensif pour les chats et les autres prédateurs.

Puis-je vous faire un retour d’expériences, vous donnez d’autres astuces testées et approuvées ?
Bien sûr. Tous les témoignages nous intéressent beaucoup tant qu’il s’agit de solutions inoffensives pour les chats et autres animaux. N’hésitez-pas à nous en faire part. C’est collectivement que nous avançons.
Bassines, baignoires, abreuvoirs…
Une cause de mortalité méconnue : la noyade des chouettes, notamment Chevêches d’Athéna et Effraies des clochers. Des études ont montré qu’un nombre non négligeable de jeunes chouettes, mais aussi d’autres animaux, se noient dans des réservoirs profonds aux bords droits (bassines, baignoires, abreuvoirs pour le bétail, piscines et même fosses à lisier). Ils veulent s’y baigner ou boire, mais ils n’évaluent pas la profondeur du point d’eau. Une fois tombés dans ces récipients aux parois raides, trempés, ils ne peuvent ni s’envoler (cas des oiseaux) ni atteindre les rebords. Ils s’épuisent à essayer et meurent.
Comment éviter ce danger ?
- Être vigilant et vérifier régulièrement ses propres points d’eau ou ceux des autres (abreuvoirs croisés lors d’une balade…). Si besoin, alerter le propriétaire d’un point d’eau qui n’est pas à soi.
- Installer un système de filet flottant (en vente sur Internet) fixé sur les bords intérieurs de l’abreuvoir. Lorsque un animale (bovin, mouton, cheval…) va boire, le filet s’enfonce et remonte dès que l’animal est parti.
- Réaliser un montage simple, pratique et pas cher, fait de quelques morceaux de bois, de pierres et autres matériaux en fonction des besoins, qui permettront à l’animal imprudent de pouvoir sortir de son piège d’eau.


Filets de pêche, hameçons et autres déchets de pêche
Les déchets “oubliés” par certains pêcheurs (fils de pêche cassés, plombs, bas de ligne, leurres, hameçons…) qui en plus de polluer, mutilent et tuent des centaines d’animaux sauvages chaque année au terme d’une agonie sans nom.
Comment éviter ce danger ?
- Pour l’ensemble du monde de la pêche : ne laisser aucun déchet de pêche derrière soi et éviter de pêcher dans des zones à risque d’accrochage.
- Pour tous, ramasser les déchets de pêche que l’on rencontre.
Filets de protection des arbres fruitiers
Les filets de protection sur les arbres fruitiers sont des pièges mortels pour les oiseaux, en particuliers les grives, les merles et les moineaux, mais aussi pour les hérissons.
Nous comprenons le besoin de protéger sa récolte de fruits, mais cela ne devrait pas nuire à la petite faune sauvage.
Comment éviter ce danger ?
- Ne pas se fier aux fausses informations sur les emballages des filets ”sans danger pour les oiseaux”.
- Utiliser uniquement des filets à mailles souples tissées dont les trous ne mesurent pas plus de 30 mm de côté et de couleur vive afin que les oiseaux les repèrent.
Les filets à mailles soudées et fines sont tranchants et blessent les oiseaux qui s’y prennent et se débattent jusqu’à épuisement.
- Les filets doivent être tendus et ne doivent ni trainer au sol ni présenter des poches, car les oiseaux, les hérissons et d’autres petits animaux peuvent s’y prendre sans pouvoir se libérer.
- Surveiller plusieurs fois par jour l’installation de façon à libérer délicatement les animaux pris dans les filets.
- Retirer les filets aussitôt la récolte achevée.
N’oubliez pas de partager quelques fruits de votre récolte avec les oiseaux, les insectes et autres petits animaux. Ainsi, vous participerez à la protection de la biodiversité !
Pièges à glu
Tous les pièges à la glu, qu’ils soient pour insectes, souris, rats…, sont à bannir. Ils sont cruels et non sélectifs.

Réseau routier et voitures
La mortalité animale est partout en augmentation en raison de l’extension du réseau routier qui fragmente les habitats naturels, du nombre croissant de véhicules et de la vitesse.
En automne et en hiver, la chasse dérange la faune sauvage. Il nous est tous arrivé de devoir freiner devant un animal affolé traversant une route. Non seulement la chasse tue les animaux, mais elle provoque des accidents de la route.
Au printemps, pas de répit.
De nombreux oiseaux et mammifères sont occupés à rechercher de la nourriture pour leurs petits, même si cela doit être au péril de leur vie.
En février et mars, les batraciens (crapauds, grenouilles, tritons et salamandres) quittent les abris hivernaux pour rejoindre les zones humides où ils sont nés afin de s’y reproduire. Cette migration est pleine de dangers, car souvent, ils doivent traverser des routes.
Beaucoup de ces animaux seront victimes de la circulation.
Comment éviter ce danger ?
- Ayons pitié pour tous ces animaux sauvages qui essaient de survivre et de s’adapter face à notre soi-disant “progrès”. De jour comme de nuit, levons le pied de l’accélérateur !
- Concernant la migration des batraciens, des solutions spécifiques existent, se référer au guide de l’ASPAS “Comment protéger nos amphibiens ».
Lâchers de ballons
Les ballons lâchés vers le ciel sont non seulement une source de pollution, mais aussi une cause de mortalité parmi la faune sauvage : des animaux vont ingérer des restes de ballons, les liens accrochés aux ballons peuvent s’emmêler autour des pâtes, du cou… Les oiseaux d’eau sont particulièrement touchés.
Comment éviter ce danger ?
- Proscrire les lâchers de ballons. Kermesses, fêtes, marchés de Noël, anniversaires, mariages, braderies, bonnes œuvres et commémorations, il n’y a aucune bonne raison d’organiser un tel événement. Et ne pas croire aux soi-disant ballons biodégradables.
- Ne pas croire aux soi-disant ballons biodégradables.
Si vous avez connaissance d’un lâcher de ballons, contactez aimablement l’organisateur pour le prévenir des dégâts environnementaux que provoquent ce genre de manifestations.





