Tarier des prés sur une branche.

Tarier des prés

Un déclin dramatique

Depuis toujours, le tarier des prés était présent au cœur de nos forêts. Et pourtant aujourd’hui, les français qui le connaissent sont aussi rares que lui. À la fin des années 1980, le tarier des prés était encore commun dans les vallées vosgiennes, puis il a disparu en quelques années seulement. Que lui est-il arrivé ?

Le tarier des prés est un petit passereau de 13 cm, à sourcil blanc et poitrine délicatement orangée. Il arrive en Europe pour se reproduire vers la fin avril et regagne l’Afrique tropicale en août ou en septembre.

Il se reproduit surtout dans les prairies humides, les prés montagnards et les marais exondés où il trouve les insectes dont il se nourrit. Vers la mi-mai ou début juin, la femelle dépose 5 à 7 œufs turquoises dans une cuvette dissimulée parmi les herbes de la prairie. Les petits quittent le nid vers la fin juin… ou plutôt quittaient car de nos jours c’est rarement le cas.

La cause principale : des méthodes agricoles impitoyables

Là où règne l’agriculture moderne, c’est-à-dire partout ou presque, la majorité des pontes est détruite avant l’éclosion. Quand il y a des nouveaux-nés, ils sont le plus souvent broyés par les faucheuses, car si naguère on ne fauchait pas avant la fin juin, aujourd’hui, la première coupe est souvent bouclée avant la fin mai.
Résultat : les jolies prairies nourricières ne sont plus que des espaces hostiles où notre cher tarier des prés ne peut plus ni vivre ni se reproduire.

Tarier des prés posé sur une fleur de moutarde.
Tarier des prés – © F. Cahez

Comment enrayer le déclin ?

Seuls des changements dans la gestion de l’espace rural, incluant la fenaison retardée sur de grandes parcelles de prairies permanentes, pourraient enrayer cet effondrement dramatique des populations et empêcher la disparition totale de l’espèce. Des aides financières existent (MAEC, CSE…) qui permettent de regagner des surfaces vitales pour cette espèce bioindicatrice, mais elles demeurent trop rares.

Après avoir suivi des années les rares couples de tarier des prés du col des Hayes (commune de Saulxures-sur-Moselotte), des bénévoles d’Oiseaux-Nature se sont rapprochés du Conservatoire d’espaces naturels de Lorraine. En 2015, le site (environ 275 ha) est inscrit à l’inventaire des ENS du département des Vosges sous le nom “ENS des prairies du col des Hayes”. Seul le maintien de biotopes permettant la reproduction du tarier des prés constitue un espoir pour l’avenir, car nous ne pouvons agir ni sur le changement climatique, ni sur l’urbanisation des terres arables, ni sur les périls qui déciment les oiseaux durant la migration.

Dernières nouvelles

Retrouvez ici les dernières actualités qui concernent l’espèce, et si cet encart est vide, c’est qu’il n’y a rien de neuf pour le moment.

Tarier des prés posé sur une branche, bec ouvert.
Tarier des prés – © J. Martin
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